mardi 27 septembre 2016

facho pour la saison



"La cause du peuple"
 titre -narguant- d'un livre appelé à faire du bruit;
Enfin, entendons par là :
à tenir tête de gondole au rayon des écritures à DLC courte.

L'auteur s'appelle Patrick Buisson.
 Nom prédestiné  peut-être
pour déclarer sa flamme à l'histoire
 dans sa version pin's d'extrême droite.

"La cause du peuple" marque déposée à l'institut national de la propriété industrielle
par l'ancien patron de Minute, pro Algérie française et penseur de la droite la plus nazionale qui soit...Y'aurait   sans doute de quoi faire hurler quelques anciens maoïstes mais...
 ils commencent à se faire rares aujourd'hui les anciens maoïstes - les nouveaux aussi d'ailleurs, enfin par chez nous
et comme le Buisson ardent ex-Crapouillot n'a plus à craindre en 2016 de quelque éventuel retour de barre de fer  version gauche prolétarienne, il peut ainsi  s'amuser tout en  distillant sa prose nauséabonde et régler en même temps ses comptes avec son ancien et généreux employeur candidat sur le retour.

En entendant causer des dernières péripéties de ce ruffian, j'ai pensé à toi mon ami Julien, toi l'ex mao (personne n'est parfait) à l'imposante carcasse,  j'aurais adoré t'entendre hurler contre la récupération d'un titre "La cause du peuple" que tu avais défendu becs et ongles et plus si affinités...  au sorties des usines  avec tes potes Jean-Paul, Simone et tous les autres.

Sur que, malgré ton âge déjà avancé tu aurais marqué le coup d'une manière ou d'une autre, plutôt avec ta plume vengeresse sans doute mais... qui sait... comme tu savais aussi parfois rester jeune...

Seulement voilà , toi "le géant, le furieux, l'insolent" pour reprendre quelques mots sensibles de tes filles, tu nous a quitté il y presque trois années maintenant et ta colère lucide et récurrente  tout comme ton amitié me manquent terriblement, mais dans le même temps je suis content aussi que tu ne voies pas aujourd'hui tout cela, ce monde où les fachos pour la saison tiennent maintenant le haut du pavé et ptêt même au rythme où vont les choses bientôt les rênes du pouvoir.

Quelle misère, cher Camarade.
...



dimanche 25 septembre 2016

la fête de l'insignifiance


".../...
Oui, c'est comme ça, dit Ramon.
Les gens se rencontrent dans la vie, bavardent, discutent, se querellent,
sans se rendre compte qu'ils s'adressent les uns aux autres de loin,
chacun depuis un observatoire dressé en un lieu différent du temps.
Après une pause Charles dit: "Le temps court. Grâce à lui, nous sommes d'abord vivants, ce qui veut dire: accusés et jugés.
Puis nous mourrons et nous restons encore quelques années avec ceux qui nous ont connus, mais très tôt un autre changement se produit : les morts deviennent des vieux morts, personne ne se souvient plus d'eux et ils disparaissent dans le néant;
seuls quelques-uns, très très rares, laissent leurs noms dans les mémoires mais, privés de tout témoin authentique, de tout souvenir réel, ils se transforment en marionnettes...
.../..."





".../...
Se sentir ou ne pas se sentir coupable. Je pense que tout est là. La vie est une lutte de tous contre tous. C'est connu. Mais comment cette lutte se déroule t-elle dans une société plus ou moins civilisée?
Les gens ne peuvent pas se ruer les uns sur les autres dès qu'ils s'aperçoivent. Au lieu de cela, ils essaient de jeter sur autrui l'opprobre de leur culpabilité.
Gagnera qui réussira à rendre l'autre coupable.
Perdra qui avouera sa faute.
Tu vas dans la rue, plongé dans tes pensées. Venant vers toi, une fille, comme si elle était seule au monde, sans regarder ni à gauche ni à droite, marche droit devant elle. Vous vous bousculez.
Et voilà le moment de vérité.
Qui va engueuler l'autre, et qui va s'excuser?
C'est une situation modèle: en réalité, chacun des deux est à la fois le bousculé et le bousculant.
Et pourtant, il y en a qui se considèrent, immédiatement, spontanément, comme bousculants, donc comme coupables.
Et il y en a d'autres qui se voient toujours, immédiatement, spontanément,comme bousculés, donc dans leur droit, prêts à accuser l'autre et à le faire punir.
Toi, dans cette situation, tu t'excuserais ou tu accuserais?
-Moi, certainement, je m'excuserais.
-Ah, mon pauvre, tu appartiens donc toi aussi à l'armée des excusards. Tu penses pouvoir amadouer l'autre par tes excuses.
-Certainement.
-Et tu te trompes. Qui s'excuse se déclare coupable; Et si tu te déclares coupable, tu encourages l'autre à continuer à t'injurier, à te dénoncer, publiquement, jusqu'à ta mort. Ce sont les conséquences fatales de ta première excuse.
-C'est vrai. il ne faut pas s'excuser.
Et pourtant, je préfèrerais un monde où les gens s'excuseraient tous, sans exception, inutilement, exagérément, pour rien, où ils s'encombreraient d'excuses...
.../..."




".../...
Chaque être humain était le décalque de la seconde pendant laquelle il avait été conçu.
.../..."






Milan Kundera-extraits de: "La fête de l'insignifiance"-Editions Gallimard-